samedi 20 novembre 2021

Bonus blu-ray : POING CARRIERE VAN DAMME (ESC éditions)


Bonus Blu-ray : 
POING CARRIERE VAN DAMME
(ESC EDITIONS)

Depuis la sortie du blu-ray de CYBORG, je participe régulièrement en tant que réalisateur et intervenant aux bonus des films avec Jean-Claude Van Damme, édités par ESC éditions.

A la base, j'avais été mis en contact avant le confinement pour travailler sur les bonus de CYBORG qui allait être édité par Lionheart éditions. Mon court-métrage post-apocalyptique POINT ZERO intéressait Colin Arteaga de Lionheart Editions, c'est mon ami Jérémie Damoiseau, expert et collaborateur de Dolph Lundgren, qui lui en avait parlé.
Je suis en outre un grand fan du film d'Albert Pyun depuis mon plus jeune âge, j'ai donc réfléchi à plusieurs bonus pour mettre en valeur cette référence du genre post-apocalyptique, qu'a également validé l'équipe de ESC éditions lorsque la société est devenue co-éditrice de CYBORG.

Le courant est très bien passé avec ESC, des gens qui travaillent très dur, et sont de vrais passionnés. Appréciant ce que j'avais fait sur CYBORG, ils m'ont recontacté pour tous les autres films avec Van Damme qu'ils ont sorti depuis dans de superbes VHS-box, objet vintage rempli de goodies et... de bonus.

Je liste ici tout ce que j'ai réalisé pour ESC, ce qui permettra de savoir plus en détails de quoi parlent chacun des épisodes de mon bonus récurrent "Van Damme : le Poing sur sa Carrière".




CYBORG
de Albert Pyun, 1989
(co-édité par Lionheart editions & ESC editions)

1 - Run & Gun : le cinéma d'Albert Pyun (30min)
Pyun n'a jamais été respecté en France, sauf rares exceptions. Au-delà de ses films qui, réussis ou ratés, ont pour eux d'être atypiques et enjoués, j'avais à coeur de parler au mieux de lui, de son univers, de sa carrière, de sa façon de travailler et du microcosme qu'il s'est créé très tôt, ne travaillant qu'avec la même petite famille de techniciens et d'acteurs.

2 - Intro de Albert Pyun
 (4min)
J'ai fait le montage de cette vidéo qu'Albert Pyun a filmé chez lui aux USA.

3 - Interview de Laurent Melki 
(7min 37)
J'ai fait le portrait d'un des plus grands affichistes français, qui a marqué son époque avec les posters de CREEPSHOW, de FREDDY ou encore des Belmondo.

4 - Point Zero (17min 55)
Un immense plaisir, et même un honneur pour moi, de voir mon court-métrage (produit par Forge, avec Alaa Safi) en bonus de CYBORG.



reviews

- "Si vous désirez tout savoir sur Cyborg, absolument TOUT, nous ne saurions que trop vous conseiller de vous ruer immédiatement sur l’intervention d’Arthur Cauras (...) En toute honnêteté, nous n’avions jamais pris autant de notes durant un bonus d’une demi-heure ! Du coup, il serait inconcevable de résumer ce qu’analyse, dissèque, souligne, met en avant Arthur Cauras, mais nous dirons tout simplement que cette présentation est assurément LE bonus à voir sur cette édition."
https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-cyborg-realise-par-albert-pyun/

- "Arthur Cauras donne envie de revoir du Pyun sous un autre angle (...) C'est du bonus de haute volée. (...) "Run & Gun" est plus intéressant que le making of officiel de l'édition américaine."
Podcast la Sep7ieme dimension.

- "(...) Albert Pyun toujours avec un sujet consacré à sa carrière et présenté par un fan qui ne manque ni d'arguments, ni de sincérité."
Regard critique.




CHASSE A L'HOMME
de John Woo, 1993

1 - Proies & Chasseurs : les films de chasse à l'homme (18min 24)
Lorsque Matthieu Rosset, chef du projet ESC Hard Target, m'a contacté pour parler bonus, on a convenu qu'il était dommage qu'aucun bonus en France ne soit jamais revenu en détails sur le sous-genre qu'est le film de chasse à l'homme. L'histoire est qu'il y en a beaucoup... Matthieu a eu l'idée de séparer ce bonus en une partie vidéo, et une autre papier que j'écrirai. Tous les films qui méritaient aussi un coup de projo sont donc traités dans le livret. Au passage, j'avais suggéré l'idée de mettre en bonus le film culte LES CHASSES DU COMTE ZAROFF... une idée bien entendu pas très réaliste.
En revanche, j'avais insisté sur le fait que l'éminent Christophe Gans (Monsieur HK vidéo et le réalisateur qu'on connait, rien que ça) me paraissait être l'intervenant idéal pour parler de John Woo et de HARD TARGET. Celui-ci a été d'accord à condition que la copie de travail du film (appelée director's cut) soit disponible dans les bonus... Vous connaissez la suite !

2 - Van Damme : le Poing sur sa carrière, épisode 1
Intro / Karate Tiger / Bloodsport / Black Eagle / Cyborg / Kickboxer (uniquement sur le DVD) (20min 34)
A la base, il était question d'incorporer le premier article que j'ai écrit sur ce blog, concernant donc Van Damme, dans le livret. Il était beaucoup trop long, et le couper n'avait pas de sens car il devenait fade et superflu. L'idée a donc été initialement de "filmer mon article" en 2 bonus de 20 minutes, dont le 2ème serait sur la prochaine sortie Van Damme d'ESC.
Je me suis là-encore rendu compte du nombre d'anecdotes très important, qu'il me serait impossible de compiler en 40 minutes. J'ai proposé de faire une rétrospective à long terme en épisodes de 20 minutes, traitant à chaque fois chronologiquement d'environ 3 films de la carrière du Belge. Le fait que les futurs épisodes ne tomberont pas forcément sur les éditions des films dont il est question (comme ici), pourra donner envie aux gens de les découvrir ou de les redécouvrir.
Pour cette première partie, je reviens sur ses 5 premiers films, sachant que j'avais déjà disséqué CYBORG dans la précédente édition, au sein du bonus "Run & Gun". 

3 - co-rédaction du livret collector (de l'édition VHS limitée à 1000 exemplaires), avec article sur les films de chasses à l'homme dans l'histoire du cinéma, et le focus sur 10 films essentiels de ce sous-genre.
J'ai donc pu continuer à parler de ce sous-genre dans le livret, tellement même que là-encore, il y avait 3 fois trop de texte pour qu'il tienne. A la place de me demander de couper, car elle aimait l'idée d'un long article général sur le genre + un focus sur ses films les plus importants, l'équipe de ESC a commandé un livret avec plus de pages, dépassant le budget initialement prévu.















reviews :

- "Petit à petit, Arthur Cauras fait sa place dans le cercle des intervenants-DVD/Blu-ray que nous avons grand plaisir à retrouver !"
https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-chasse-a-lhomme-realise-par-john-woo/

- "A l’instar de ses précédentes interventions, Arthur Cauras livre moult informations avec une passion contagieuse sur la première partie de la carrière de notre JCVD adoré."
https://homepopcorn.fr/test-blu-ray-chasse-a-lhomme-realise-par-john-woo/





MORT SUBITE
de Peter Hyams, 1996

1 - Van Damme : le Poing sur sa carrière, épisode 2
Full Contact / Coups pour Coups / Double Impact / Troubles bipolaires (19min 45)
Je continue la rétrospective, en tâchant de mentionner également les points moins prestigieux en apparence de Van Damme, notamment lors de la fin du bonus. Je réitérerai l'idée de parler d'autre chose que d'un film pour clôturer les épisodes lors de ceux qui suivront.















reviews :

- "Arthur Cauras est un passionné et ça se sent."
Regard Critique.

- "...Toujours aussi passionné, Arthur Cauras est comme toujours intéressant, ses propos ne manquant jamais de pertinence, ne se limitant pas aux simples beuglements « La bagarre ! La bagarre ! » auxquels nous ont habitués certains fans de Van Damme."
https://www.critique-film.fr/test-blu-ray-mort-subite/





PIEGE A HONG KONG
de Tsui Hark, 1998

1 - Van Damme : le Poing sur sa carrière, épisode 3
Universal Soldier / Cavale sans Issue / Chasse à l'Homme / Ancienne école (20min 30)
Un épisode qu'il me tardait de faire pour le fait que j'allais pouvoir parler de CAVALE SANS ISSUE et de HARD TARGET, 2 des Van Damme les plus intéressants à mes yeux. Ainsi qu'une présentation forcément incomplète en si peu de temps du cinéma de Hong Kong, que j'aime tant. Mais j'y reviendrai plus tard, puisque Jean-Claude a travaillé plusieurs fois avec les génies de l'ex-colonie britannique ! A la fin de ce bonus, je compare le style du cinéma d'action d'avant les années 2000, avec ce qu'il est devenu maintenant.















reviews :

- "Beaucoup d’anecdotes de tournage et de production parfois houleuses, mais en filigrane un honnête portrait de la star belge, passionné de cinéma de Hong-Kong et de ceux qui lui ont donné ses lettres de noblesse."
http://eastasia.fr/

- "Excellente analyse de la carrière de JCVD du début des années 90."
Les Années Laser.



STREET FIGHTER
de Steven E. De Souza, 1994

1 - Van Damme : le Poing sur sa carrière, épisode 4
Timecop / Street Fighter / le Film du déclin (23min 42)
Lors ce 4ème épisode, je parle du plus gros succès de Van Damme et... de son autre plus gros succès, en tâchant de rétablir un peu le regard qu'on peut avoir sur STREET FIGHTER, que certains traitent de nanard. Quoiqu'on en pense, c'est en tout cas le film qui initie le decrescendo de sa carrière, comme s'il avait du payer son attitude changeante sur le plateau de l'époque.

2 - A propos de Van Damme
par Manu Lanzi (15min 24)
Je connais Manu Lanzi depuis 2009, il avait travaillé sur mon court-métrage POINT ZERO (présent en bonus de CYBORG). Au-delà de ses compétences de régleur de cascades, il est aussi un grand fan de cinéma d'action, il achète tout ce qui sort en vidéo, notamment les Van Damme de chez ESC ! Il a été très enthousiaste quand je lui ai proposé de parler de son expérience sur JCVD de Mabrouk El Mechri, et de revenir sur l'évolution martiale de Van Damme tout au long de sa carrière.





























reviews :

- "4ème partie de la pertinente rétrospective consacrée au comédien"
Les Années Laser.

- "Dans A propos de Van Damme par Manu Lanzi, le chorégraphe des combats raconte des anecdotes sur l’acteur, mais revient aussi sur les combats qu’il considère comme étant les meilleurs et sur la carrière de Van Damme. Il est passionnant d’avoir l’avis d’un régleur d’action sur l’acteur, cela donne un point de vue rafraîchissant sur JCVD."
https://culturellementvotre.fr/2021/10/05/test-blu-ray-street-fighter-lultime-combat/

- "(...) le cascadeur Manu Lanzi qui se rappelle de sa collaboration avec Van Damme sur le plateau du génial JCVD avec force anecdotes décoiffantes."
Regard Critique.

- "Excellente analyse du style JCVD par le chorégraphe et artiste martial Manu Lanzi."
Les Années Laser.





RISQUE MAXIMUM
de Ringo Lam, 1996

1 - Van Damme : le Poing sur sa carrière, épisode 5
Mort Subite / le Grand Tournoi / Risque Maximum / d'Acteur à Comédien. (23min)
Pour ce 5ème épisode, j'évoque le DIE HARD-like de Van Damme, ainsi que ce gimmick à reproduire certaines idées des anciens films des réalisateurs avec lesquels il travaille (Ringo Lam, Peter Hyams, John Woo...), ainsi que ce qui pourrait être appelé le projet de toute sa vie, THE QUEST. Je termine avec le sous-estimé film de Ringo Lam ainsi qu'un portrait de ce réalisateur que j'admire, et de ce qu'il a pu apporter au jeu d'acteur de Van Damme.

2 - Risque Maximum : souvenirs de tournage
par Xavier Gens. (14min 13)
J'avais rencontré le réalisateur Xavier Gens lors du festival de Sitges en 2018, et je lui avais dit tout le bien que je pensais de son film THE DIVIDE, l'un des meilleurs des années 2010 pour moi. Je me souvenais d'une interview de lui dans feu Metaluna magazine, où il évoquait le fait d'avoir été stagiaire sur certains Van Damme tournés en France... il a été très enjoué à l'idée de parler de cette période stagiaire mise en scène sur RISQUE MAXIMUM et DOUBLE TEAM, durant laquelle il a pu observer les maîtres hongkongais Ringo Lam et Tsui Hark à l'oeuvre.





























reviews :

-

CAVALE SANS ISSUE
de Robert Harmon, 1993

1 - Van Damme : le Poing sur sa carrière, épisode 6 : 
Double Team / Piège à Hong Kong / Fin d'une époque. (23min 36)
Ce nouvel épisode me permet de dresser le portrait d'un cinéaste admirable, Tsui Hark, qui faisait bouger les lignes du cinéma d'action mondial depuis le petit archipel de Hong Kong ! Van Damme aura bien entendu également réussi à l'attirer à l'Hollywood, ils feront deux films ensemble, de vraies pépites du cinéma d'action, pourtant moquées à l'époque, même par les journalistes de la presse dédiée au genre. Comble du comble. J'y évoque aussi la fin du cinéma de Hong Kong, car PIEGE A HONG KONG a été tourné pendant la rétrocession de HK à la Chine, ce qui donne un petit goût doux-amer à cette comédie jouissive et déjantée.















reviews :

- "Dans un entretien passionnant, Arthur Cauras poursuit son analyse au long cours de la carrière de l'acteur en se concentrant cette fois-ci sur le doublé de Tsui Hark : Double Team et Piège à Hong-Kong."
Regard Critique.

- "Retour judicieux sur la carrière de Van Damme à la fin des années 90 par le spécialiste Arthur Cauras."
Les Années Laser.














DOUBLE TEAM
de Tsui Hark, 1997

1 - Van Damme : le Poing sur sa carrière, épisode 7 : 
Légionnaire / Universal Solider - le combat absolu / Inferno / Errances. (22min 57)
Période médiocre pour les fans du belge, sur laquelle il y a pourtant pas mal de choses à dire. L'époque faste de la carrière de Van Damme est hélas derrière lui, même s'il se bat comme un lion pour maintenir la qualité de ses films et de ses collaborateurs depuis ces dernières années. Rien y fait : tous ses films sont des échecs... essoufflé, il semble vouloir être filmé dans ses errances au sein du véritable OVNI qu'est le film malade INFERNO.















reviews :

"Evocation convaincante de la dégringolade de la carrière de Van Damme à la jonction des années 90/2000."
Les Années Laser.













COUPS POUR COUPS
de Deran Sarafian, 1990

1 - Van Damme : le Poing sur sa carrière, épisode 8 : 
Replicant / Lynchage français / Point d'impact / The Order / In Hell. (25min 29)
Van Damme démontre que la bête est blessée, mais loin d'être morte. La désormais impossibilité pour ses films d'être diffusés largement en salles ne l'empêche pas de chercher les meilleurs projets possibles, en l'occurence auprès de son réalisateur fétiche, le génie Ringo Lam. Le duo engendre 2 nouveaux films aussi spectaculaires que choquants par leur absence de concession, et surtout très personnels et introspectifs pour le belge... et le hongkongais. Mais la qualité n'engendre pas forcément le succès ni le respect des téléspectateurs, comme en attestera ce lynchage médiatique exclusivement français qui s'étalera sur plusieurs années...















reviews :

- "Huitième partie toujours aussi pertinente de la rétrospective de la carrière de JCVD, axée sur sa fructueuse collaboration avec Ringo Lam."
Les Années Laser.



- Arthur Cauras.





P.S :
Voici quelques autres bonus que j'ai également réalisé, pour l'éditeur ESC EDITIONS :














INVASION U.S.A
1 - "Chuck contre la Menace rouge"
Dans ce bonus de près de 20 minutes, je reviens sur l'un des bijoux déviants de la Cannon, et sur l'âge d'or de cette compagnie si atypique pour laquelle j'ai tant d'affection.












AU-DESSUS DE LA LOI
(co-édité par ESC éditions / Lionheart éditions)
1 - 
Au-dessus de la Loi : Western noir sous testostérone
2 - Au-dessus de la Loi : portrait de Dolph Lundgren
Tous deux avec Jérémie Damoiseau, le spécialiste et collaborateur de Dolph Lundgren depuis des années, qui revient sur la carrière du géant suédois, et sur la genèse de AU-DESSUS DE LA LOI.












OVER THE TOP
1 - "Over the Top : une recette à la Rocky"
David Da Silva revient sur ce film pour lequel Stallone aura été payé 12 millions de dollars. David est le biographe français de Sylvester Stallone, dont le livre "Stallone, héros de la classe ouvrière" a été plébiscité par Sly lui-même sur ses réseaux sociaux !












DAYLIGHT

1 - "Stallone : surmonter les catastrophes", par David Da Silva

David est le biographe français de Sylvester Stallone, dont le livre "Stallone, héros de la classe ouvrière" a été plébiscité par Sly lui-même sur ses réseaux sociaux !





dimanche 7 novembre 2021

LA PROIE NUE (Cornel Wilde, 1966)


LA PROIE NUE
(Cornel Wilde - 1966)

Un homme qui ne sera jamais nommé est à la tête d’un safari payé par un odieux chasseur blanc, qui projette de se lancer dans l’esclavage et le commerce d’ivoire. Celui-ci refuse de respecter une coutume locale, alors que leur groupe passe sur les terres d’une tribu. Ils sont rapidement attaqués en représailles, et chacun des assistants du héros connait un sinistre sort : grimé en poulet et massacré par les femmes du village à coups de couteau, rôti comme un vulgaire gibier ou tué à petit feu par un cobra… 
Reste le héros, dont le comportement digne lors de l’altercation initiale lui vaut un traitement de faveur. Si l’on peut dire ! Délesté de tout équipement et habit, il va être traqué à mort par les meilleurs guerriers de la tribu… 

Le héros payant les pots cassés d'un comportement irrespectueux.

LA PROIE NUE met l’homme blanc colonisateur face aux conséquences de sa présence sur des terres qui ne sont pas les siennes. C’est le fait de s’être intéressé à la culture et à la nature environnantes qui va permettre au héros de se transcender.

Au fur et à mesure, il fait montre d’ingéniosité pour gérer le surnombre de ses assaillants, en récupérant l’arsenal des morts, en déclenchant un feu de brousse, en utilisant la technique du leurre et du pistage… 

Le film est très épuré : peu de dialogues (il n'y en avait que 9 pages dans le script !) et pour bon nombre d’entre eux, pas de traduction. Forcé de retourner au primitivisme dans le sens le plus noble du terme, le héros est constamment entouré par des êtres vivants forcément mieux préparés que lui pour subsister. D’où les nombreux plans documentaires montrant des babouins se battre avec un léopard, une lionne mangeant un gnou et les guerriers tribaux chassant une antilope pour se nourrir… là où notre héros peine à tuer une poule sauvage !
Aucune épreuve de la survie en milieu hostile ne lui est épargné (traversée d’étendues rocailleuses, soleil de plomb, déshydratation…) car seuls les plus forts ont une place, comme le rappelle la séquence impitoyable de la mise en esclavage d’un village entier, sous son regard impuissant. Lors de sa fuite, le héros mutile quelques criminels et sauve la vie d’une fillette, qui le lui rendra après qu’il eut chuté dans une cascade.

Forcé à tuer pour continuer à survivre.

Cette parenthèse de bienveillance souligne les liens forts pouvant naître entre civilisations, dès lors que chacun se traite avec déférence. D’ailleurs, lorsque la chasse touche à sa fin par la force des choses, le héros et le chef des guerriers se saluent, de loin. Seul le respect appelle au respect.

Excellent film faisant encore autorité de nos jours, LA PROIE NUE a cependant deux ombres au tableau ; un racisme ordinaire lié à l’époque (les arabes sont des acteurs blancs grossièrement maquillés) et de véritables meurtres d’animaux, Cornel Wilde étant malheureusement coutumier du fait (cf. SHARK TREASURE en 1975).

On attend avec impatience chez nous une édition blu-ray à la hauteur de ce bijou épuré et tribal, tourné dans un splendide cinémascope, qui a initié la trilogie officieuse de Wilde concernant la survie, qui sera suivi par LE SABLE ETAIT ROUGE (1967) et TERRE BRULEE (1970).


- Arthur Cauras.


nb : ce sujet est issu de mon article "Proies et chasseurs : les films de chasse à l'homme", présent dans le livret collector de l'édition limitée de la VHS box CHASSE A L'HOMME éditée chez ESC éditions à 1000 exemplaires, aujourd'hui épuisée.



Trailer 
https://www.youtube.com/watch?v=cVZHRkHHSXU



lundi 1 novembre 2021

HALLOWEEN : films pour flipper !


HALLOWEEN :
films pour flipper !


Halloween est une fête donnant l'occasion de se faire peur devant son écran, en découvrant, redécouvrant ou faisant découvrir des films fantastiques et/ou d'horreur.
 🎃🎃🎃
Voici donc une petite liste de films d'horreur qui m'ont le plus marqué de ma petite vie de cinéphile... Si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, et si vous voulez être dans le mal, voici de quoi ne pas faire le malin devant son écran... A regarder en VOST, et sans votre pote Jean-Jérôme qui boit du jus de fruits en parlant fort à côté de vous : 




- L'EXORCISTE 
(William Friedkin, 1973) 
Avec son style documentaire, le maître Friedkin place le spectateur au coeur d'un véritable cauchemar pour un parent : celui d'assister impuissant à la dégénérescence de son enfant, souillé et maltraité par un esprit pervers échappé du fin fond de recherches archéologiques en Irak. La-dite séquence de fouilles, qui est la première du film (à préférer infiniment au remontage des années 2000), donne le la et met directement mal à l'aise son audience avec ce sentiment fort "d'inquiétante étrangeté".


- LES DENTS DE LA MER 
(Steven Spielberg, 1975)
"Forcément" serait-on tenté de dire, mais comment ne pas citer l'un des premiers coups d'éclat de Spielberg dans une liste de films les plus flippant du cinéma ? Le thème principal de Williams, les plans suggestifs, l'attaque au petit matin du début, la scène nocturne faisant attendre, attendre que quelque chose n'arrive, le discours dans la cale du bateau, le combat final... le film est une perfection qui met encore parfaitement la pression de nos jours.


- LE LOCATAIRE
(Roman Polanski, 1976) 
En France et avec très peu de moyens, Polanski parvient à instaurer un climat très malaisant au sein d'un immeuble parisien. Progressivement et avec quelques détails pouvant prêter à sourire de prime abord (le héros se rend compte que les autres locataires restent des heures face à un mur, par une fenêtre), le film instaure progressivement la peur, et nous range, désarmé, du côté du héros désemparé.


- L'INVASION DES PROFANATEURS
(Philip Kaufman, 1978) + BODY SNATCHERS (Abel Ferrara, 1993)
Paranoïa ultime. Ici, des spores tombées de l'espace font pousser d'étranges fleurs dans les villes. Les gens vont dormir, mais ne se réveillent pas. Enfin pas tout à fait : dupliqués dans des cosses durant leur sommeil, ils sont une version aseptisée d'eux-mêmes, sans âme, sans émotion. Ces nouvelles coquilles se lancent alors calmement dans leur nouvelle mission : faire dormir de force les gens refusant de le faire, marchant avec leur clone en file indienne dans les rues, et poussant un hurlement glaçant lorsqu'il repère un futur candidat à désincarner. Le film de Kaufman se passe en ville, celui de Ferrara dans une base militaire; les deux sont brillants et doivent forcément beaucoup à la première mouture de Don Siegel dont la fin reste dans toutes les mémoires.


- ALIEN
(Ridley Scott, 1979)
La terreur spatiale absolue, la créature étant une source d'angoisse autant que toute l'incroyable atmosphère mystique autour de la découverte d'autres formes de vie et d'intelligence dans l'espace. Avec ce film, Ridley Scott montre déjà l'étendue de son talent (c'est son 2ème...) et lancera sans le savoir une des plus colossale et passionnante saga de Science-Fiction, qui permettra de faire émerger ou de confirmer le talent de certains des plus cinéastes de genre que sont David Fincher et James Cameron.


- SHINING
(Stanley Kubrick, 1980) 
Certainement l'un des films ultimes sur la folie, la démence, la paranoïa, et l'un des plus fins sur la déliquescence d'un individu en situation d'échec depuis toujours, finissant par rejeter sa colère sur ceux qui comptent pourtant le plus pour lui. Kubrick (au grand dam des amoureux du roman original de Stephen King), joue la carte de l'équilibriste entre fantastique pur et terreur psychologique. On peut donc autant imaginer que tout se passe dans la tête de Jack Torrance, comme penser que c'est l'endroit qui est hanté et déteint lentement et négativement sur lui... Quoiqu'il en soit, le résultat est le même : il est effrayant comme il perd inexorablement tout lien avec la raison.


- THE THING
(John Carpenter, 1982) 
Paranoïa ultime, la suite. Un extra-terrestre impossible à définir, prenant la forme de ce qu'il touche, l'imitant à la perfection, dupliquant ses victimes, les transformant sans ménagement, diffusant une paranoïa absolue au coeur de ce groupe de chercheurs américains coincés dans leur base en Antarctique. Le plus perturbant est qu'on voit le monstre... mais qu'on ne comprend pas vraiment ce qu'on voit, ce qui met continuellement sous tension. La scène du test sanguin, celle de la réanimation ou encore le passage du chenil ne sont que quelques éléments d'un cocktail brutalisant sans ménagement le spectateur du début à la fin... une fin nihiliste, après laquelle on se peut se demander si l'un des protagonistes est bien humain, et si oui lequel. 
Un indice : buée. Un autre indice : bouteille de whisky.


- LES GRIFFES DE LA NUIT
(Wes Craven, 1984) 
Impossible de ne pas dormir... c'est sur ce postulat aussi simple qu'ingénieux hérité des fameux BODY SNATCHERS, que Craven créé Freddy Kruegger, esprit maléfique tuant ses victimes dans leurs cauchemars. Le film recèle de scènes faisant encore autorité de nos jours, comme celle du bain, de la chaufferie ou bien entendu, ce final durant lequel Craven donne une petite chance à son héroïne face au boogeyman en lui permettant de poser pièges et chausses-trapes dans sa demeure, idée récurrente dans sa filmographie !


- ANGEL HEART 
(Alan Parker, 1987) 
Un film autant dramatique que terrifiant, le plan déroulant tout du long du générique de fin finissant d'enfoncer le clou. Un Mickey Rourke incroyable et au sommet de ses capacités en détective miteux, tentant de surnager dans l'atmosphère oppressante et... chaude comme l'enfer de la Nouvelle Orléans, courant après les témoins d'une affaire de disparition qui lui échappe totalement. Parker montre là-encore son immense talent, lui qui a été l'un des rares réalisateurs de pub / clips a avoir opéré avec brio une transition vers le cinéma.


- PRINCE DES TENEBRES
(John Carpenter, 1987) 
Religion, science et physique quantique; Carpenter mélange brillamment les thèmes en y plaquant l'idée que ce qu'on connait de la religion est liée au concept des univers parallèles. L'avènement du Malin est imminente et un groupe de scientifiques enfermé dans une église d'un autre âge essaye de comprendre comment le contrer, tandis que la nature se modifie, que les insectes et les clochards (!) sont déboussolés.


- CANDYMAN
(Bernard Rose, 1992)
Un film n'ayant pas d'équivalent dans sa mixture entre drame, romance et horreur pure. Les personnages principaux sont magnifiques, la mythologie urbaine fonctionne à plein régime et les entrées en scène du Candyman sont terrifiantes.


- THE RING 
(Hideo Nakata, 1998) 
L'un des films les plus importants de la J-Horror, ces films d'horreur japonais liés aux mythes et légendes du pays. Ici, le fait de tomber sur le visionnage étrange présent sur une VHS promet la mort au spectateur, prévue 1 semaine après. C'est la fuite en avant pour les héros, et l'occasion rare d'assister à des "morts de peur" au cinéma.


- THE REEF + BLACKWATER 
(Andrew Traucki, 2010, 2007)
En deux films, l'australien Traucki a rebattu les cartes du film de créature marine, tout simplement en revenant à la source spielbergienne : montrer peu pour terroriser davantage lors de l'arrivée brutale du requin ou du crocodile, sans oublier de créer de vrais liens entre les personnages pour qu'on s'y attache. Une sensation de temps réel (les héros restent quasiment au même endroit tout le long de chacun des films) qui oppresse véritablement, pour amener à des conclusions certes convenues dans le registres, mais fortement dramatiques. 


- THE STRANGERS
(Na Hong-jin, 2016)
Une petite bourgade tranquille, un policier un peu péquenaud (on est en Corée du Sud) et goguenard, et des meurtres qui commencent à s'accumuler... Un rapport avec ce vieil ermite japonais fraîchement débarqué dans les environs ? Rien n'est moins sûr... ou rien de plus sûr... on navigue à vue aux côtés de notre héros affolé et dépassé par la violence de ce qui se passe, nous emmenant progressivement et inextricablement vers un final tout simplement cauchemardesque, dont certains plans en clair-obscur marquent l'esprit au fer rouge. C'est le troisième métrage de Na Hong-jin, jeune cinéaste à la filmographie parfaite.


HALLOWEEN : 10 FILMS POUR FLIPPER 🎃
Je parle de certains de ces films dans cette vidéo, avec extraits à l'appui :
https://www.youtube.com/watch?v=vW3_2XGVqKU


Cette liste est fatalement non-exhaustive, car il est très difficile de tout mentionner sans tomber dans la citation du registre complet du film d'épouvante. Cette liste est aussi forcément subjective: ce qui fait peur à l'un ne fera pas forcément peur à l'autre.
Il reste bien entendu nombre d'oeuvres à découvrir pour se faire peur : je citerai les séries X-FILES, qui recèle d'épisodes remarquables comme QUAND VIENT LA NUIT et LES CONTES DE LA CRYPTE et ses morales vrillées, et pour rester dans les formats courts, le mémorable sketch de "La goutte d'eau" des TROIS VISAGES DE LA PEUR de Mario Bava...
Mais aussi, dans un autre registre, l'animé PERFECT BLUE de Satoshi Kon et sa star harcelée, ou encore l'excellente adaptation du jeu vidéo SILENT HILL par Christophe Gans, avec ses monstres damnés issus d'une psyché malade, souffrant autant le martyr que désireux de tuer.
L'horreur et la terreur peuvent prendre différentes formes et ne frapper parfois qu'une fois ou deux lors d'un film.
L'excellent VORACE (encore un film melting-pot) avec l'histoire de ce brave Colquhoun au coin du feu en atteste. L'EXORCISTE a accouché d'un 3ème opus à voir, habité de plusieurs idées et passages secouant (ah, mamie-mouche) repris depuis dans des films à succès comme HEREDITE. CHROMOSOME 3 diffuse quant à lui un fort malaise sous la caméra clinique du maître Cronenberg, tandis que [REC] est un réjouissant rollercoaster de tous les instants.
Les cartons mondiaux plus récents de CA oue encore d'INSIDIOUS démontrent, si besoin été, que le cinéma d'horreur a encore de beaux jours devant lui.

- Arthur Cauras.

vendredi 22 octobre 2021

QUE LA CHASSE COMMENCE ! (Ernest R. Dickerson, 1994)



QUE LA CHASSE COMMENCE !
(Ernest R. Dickerson, 1994)


Mason (Ice-T), un SDF au bout du rouleau ayant perdu femme et enfant, est sur le point de se suicider. Il est sauvé par un homme lui proposant une belle somme d’argent pour servir de guide en pleine nature à son groupe de chasseurs et lui. Une fois sur place, bien entendu, il va découvrir qu’il fera plutôt office de gibier ! 
Sorti un an après le CHASSE A L'HOMME de John Woo, l'injustement méconnu SURVIVING THE GAME (titre original) pouvait laisser pressentir un simple copié-collé. Il n’en est rien, même si certains éléments se retrouvent dans les deux films. 

Les chasseurs (presque) au complet, broliqués
jusqu'aux dents.

Les personnages des traqueurs et leur déviance sont plus travaillés qu’à l’accoutumée dans le sous-genre auquel il appartient, à savoir le film de chasse à l'homme. A la tête de leur bande, un riche homme d’affaires (Rutger Hauer) qui se dévoile au héros avant de l’embaucher : « J’ai passé beaucoup de temps dans les pays du Tiers-monde vous savez, ça a changé ma vision de la réalité, la vie ne vaut pas cher. » Sauf que ce constat ne l’a pas rendu altruiste, bien au contraire ! Tout est également question de double-sens lors du dîner précédent la partie de chasse, durant lequel Mason ignore tout de ce qui l’attend. Il écoute chacun des chasseurs s’exprimer, le plus gratiné étant celui incarné par Gary Busey, psychiatre à la CIA, qui après un long monologue révélant un moment… assez spécial de son enfance, conclut en disant que la chasse est une thérapie. 
C’est en effet le cas pour l’un d’eux ayant perdu sa fille, projetant sur Mason tout ce ressentiment qui le ronge. Pour d’autres, notamment le jeune fils candide d’un habitué, c’est l’occasion de développer un instinct combattif qu’il n’a pas. Le père le rassure en lui expliquant que leur proie n’est pas vraiment un être humain mais un sans-abri, une ordure, un moins que rien... 

Refrain connu; la proie se révèle aussi dangereuse
que ses traqueurs.

Une fois les présentations faites, Dickerson lâche les chevaux et ne déçoit pas : poursuites en quad, fusillades, combats à mains nues, explosions en tout genre et corps soufflé par la déflagration d’un véhicule piégé, rien ne manque à cet actionner typique des années 90 ! Le réalisateur n’oublie pas de faire évoluer ses personnages quand, du chasseur et de la proie, il ne reste face à face que deux pères de famille éplorés, le premier ayant sombré dans la haine de soi tandis que le deuxième, dans la haine de l’autre.

QUE LA CHASSE COMMENCE ! est l’un des meilleurs représentants des films de traques, bien écrit, bien mis en scène et porté par un casting jubilatoire, qui mériterait une sortie blu-ray à sa mesure. Cerise sur le gâteau : la salle des trophées de la fine équipe, un gros clin d’oeil très appréciable aux CHASSES DU COMTE ZAROFF !

- Arthur Cauras.


Gary Busey dans un rôle calme et mesuré comme il les aime.

nb : ce sujet est issu de mon article "Proies et chasseurs : les films de chasse à l'homme", présent dans le livret collector de l'édition limitée de la VHS box CHASSE A L'HOMME éditée chez ESC éditions à 1000 exemplaires, aujourd'hui épuisée.


Trailer VF :


https://www.youtube.com/watch?v=Ez02UoG5Kz8